Séminaires, colloques Clinique et épistémologie des langages, des discours et des praxis

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Vous trouverez sur cette page les documents et informations relatifs aux séminaires et colloques que je dirige ou auxquels je participe, seul ou en collaboration.

Cette page s’adresse aux participants, étudiants ou praticiens, des séminaires que j’organise. Autant d’usagers et de collègues sans qui mon enseignement et ma recherche ne pourraient y prendre leur valeur pleine. Outre la liste des documents mis à disposition, on trouvera la description de mes différents séminaires.

Liste des documents

On trouvera ici les informations et les documents écrits, visuels et sonores sur lesquels s'appuient nos séances de travail et d'échange. S'y ajoutent les éléments concernant les colloques ou tables-rondes que j'organise, seul ou en coopération. La liste de ces lieux se trouve en bas de page.

  • Journées François Tosquelles, Elne, septembre 2016. Enregistrement de la seconde matinée de discussion. J’interviens pour un hommage à Aïda Vasquez (à 01min 40s), et ensuite, Michel Balat (à 44min 30s) nous propose une de ses merveilleuses improvisations sémiotiques autour de « Langue et corps », de la psychiatrie à l’éveil de coma, et qui peut s’écouter comme une très belle introduction à ce qu’est la sémiotique, et à ce qu’elle représente pour une certaine idée de la psychiatrie, mais aussi de la médecine.
  • Vous trouverez la monographie pédagogique de Françoise Théron sur l'institutionnalisation du Quoi de neuf ? en classe de maternelle, qui plus en petite section. Et ce, dans le cadre des Calandretas, écoles bilingues occitanes. Sa lecture est, comme bien des monographies de pédagogie institutionnelle, un régal. Vous trouverez également le commentaire que j’en ai fait, quelque peu lent pour cause de clarté « didactique à distance », dans le cadre du mastère formant les enseignants au bilinguisme immersif (accueilli par l’université de Perpignan Via Domitia entre 2010 et 2013). Pour plus de renseignements et de ressources riches en formation autour de, et par, la pédagogie institutionnelle et le bilinguisme immersif, je renvoie au site des Calandretas, et au site de leur centre de formation Aprene.
  • Je vous propose d’entrer dans la complexité du concept d’institution par ces propos de Pierre Delion, dans l’Abécédaire du site Psynem.

    Aux pages suivantes, vous trouverez un film de François Pain, qui a enregistré un moment rare, celui de la danse de Min Tanaka, danseur japonais et grand ami de Félix Guattari : https://www.youtube.com/watch?v=VgErye7jXbI puis : https://www.youtube.com/watch?v=IrHGwSRTjKQ.

Ces documents ne figurant pas déjà sur les autres pages du site, ainsi que d’autres, mis à ma disposition à titre gracieux par leurs auteurs, seront régulièrement déposés ici. En l’état, tous n’y figurent pas encore, mais seront rajoutés prochainement.

L’ouverture, discipline de pensée et d’écriture

Ces séminaires sont tous transdisciplinaires ; si une méthode s’y dessine, hors la ligne directrice d’une analyse praxique des discours, c’est celle de l’ouverture aux différentes techniques, expériences et théories qui se croisent dans nos échanges. De cette ouverture, naît précisément la confrontation de mes questionnements avec les savoirs, pratiques ou autres, des participants : de quoi tisser nos réponses, collectives et personnelles – et parmi elles, les miennes, dans les différents champs où, moyennant ces clartés d’étapes, « j’avance dans le noir et je plante des signes » (Octavio Paz).

Concernant les fréquentes directions de mémoires, ma pratique se fonde sur une entière liberté laissée aux participants dans le choix de leurs recherches, à partir de quoi notre travail consiste à construire une méthodologie adaptée, avec d’éventuels liens interdisciplinaires à tisser avec d’autres collègues. Mais cette liberté concerne également la forme que prend ces écritures, car il ne s’agit pas seulement de rédiger, mais de laisser quelque chose s’inscrire dans une trajectoire singulière : dans la disparité subjective propre à tout véritable échange, la moindre des réflexions devrait nous interdire d’imposer a priori un carcan rhétorique quelconque, si l’on souhaite donner sa chance, fragile et précaire, à une poiésis créatrice. C’est un pari ; cela s’assume – à la fois seul, et à plusieurs, et c’est là finalement la fonction la plus sérieuse d’un séminaire, fonction dont moi-même, évidemment, je ressens l’effet dans ma propre écriture.

Séminaires

Les séminaires que j’anime sont accueillis par différents établissements. Voici la liste de ceux qui sont concernés par les documents mis à disposition, et y sont donc également présents d’autres séminaires où j’ai été invité à participer. Cette liste vaut, de fait, pour une reconnaissance envers les personnes qui, dans chacun de ces établissements, rendent possibles de tels lieux.

Analyse des discours et des pratiques pédagogiques

À l'Éspé de Picardie, depuis 2005, j’enseigne les sciences du langage en y intégrant la prise en compte des pédagogies coopératives et des méthodes naturelles d’apprentissage. J’anime un séminaire d’analyse du discours, proposé dans le cadre du Mastère Meef (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) à destination des futurs professeurs des écoles et des conseillers principaux d’éducation, sur Laon, Beauvais et Amiens. Ce séminaire est ouvert à une analyse des discours et des pratiques pédagogiques ou didactiques. Il permet aux futurs collègues de questionner une grande diversité de thèmes qui constituent autant de portes d’entrée possibles dans leur métier, aussi imprévues que soient parfois ces voies d’accès.

Pédagogie, bilinguisme et sémiotique

Aprene est l’institut supérieur de formation des Calandretas, les écoles bilingues immersives occitanes. Dans le cadre de ce centre (à Béziers, mais également à travers toute l’Occitanie), et avec l’équipe formatrice œuvrant autour de Patrici Baccou, je codirige depuis 2008 des séminaires de collègues, formateurs ou stagiaires. Entre autres, j’y mène une réflexion de sémiotique autour des enjeux de la pédagogie institutionnelle et du bilinguisme immersif (cf. Pédagogie/langage). La classe est un milieu de langage, où se construit un sujet d’existence, pas seulement un lieu de langue, où un agent apprend une ou plusieurs langues, c’est-à-dire un ensemble de compétences cognitives et culturelles. C’est un tel milieu qui déploie une praxis à cheval sur le pédagogique et le linguistique.

Ce séminaire est également ouvert à d’autres collègues, venant de classes coopératives publiques, ou d’autres écoles bilingues immersives (les Bressolas catalanes, par exemple). Et cela, dans le cadre de l’Institut supérieur des langues de la République française, qui rassemble cinq mouvements de bilinguisme immersif (alsacien, basque, breton, catalan et occitan).

Entre 2010 et 2013, ce séminaire s’est déroulé dans le cadre du parcours occitan du mastère Meef-bilinguisme immersif, accueilli par l’Institut franco-catalan transfrontalier, de l’Université de Perpignan-Via Domitia.

Sémiotique et psychopathologie du bébé

Ce séminaire se tient depuis 2008 dans le cadre du Diplôme universitaire « Psychologie et psychopathologie de la périnatalité et du très jeune enfant » dirigé par les Pr. Bernard Golse et Sylvain Missonnier, à l'Université de Paris V-René Descartes-Hôpital Necker Enfants malades.

Ce séminaire est consacré à la sémiotique du développement psychique du bébé et à l’abord des pathologies de la psychose et de l’autisme du point de vue du langage et du signe. Il concerne non pas « les dysfonctionnements dans les usages de la langue », mais la psychose et l’autisme en tant qu’ils sont concernés par une logique du rapport du sujet à la parole et au symbolique. Je renvoie, pour la présentation en détail de ces thèses, à la page Aux bords de la clinique, autour du manuscrit Le Langage en-deçà des mots (à paraître aux Puf, dans la collection « Le Fil rouge »).

De 2013 à 2017, j’ai également participé au groupe d’analyse d’entretiens parents-bébés, rassemblant des cliniciens du service de pédopsychiatrie et accueillant d’autres psychologues et étudiants ; à la suite de ce groupe, j’animais une séance de reprise sémiotique en présence essentiellement des personnes nouvellement arrivées. De cette collaboration est issu le chapitre 7 du Langage en-deçà des mots.

Psychothérapie et pédagogie institutionnelles

Ce séminaire se tient depuis 2008 dans le cadre du Diplôme universitaire « Psychothérapie institutionnelle » dirigé par Frank Drogoul à l’Université de Paris VII-Denis-Diderot.

Ce séminaire questionne les rapports entre sémiotique et logiques et cliniques institutionnelles. Avec les années, il s’impose comme un lieu de présentation de la pédagogie institutionnelle à destination du public du DU, généralement « psy », mais à qui la proximité et l’efficacité des Il est avant tout à l’écoute de ce qu’apportent ses participants, à partir desquels se déploie la réflexion autour des outils théoriques, cliniques et pédagogiques, qui peuvent venir étayer des réponses à ce vaste moment ouvert à la demande (au sens psychanalytique), ce qui ne va pas sans une fragilité possible – assumée car seule voie sérieuse pour une transmission homogène à l’éthique de la psychothérapie institutionnelle, radicalement irréductible à (mais pas ultimement intraduisible par) la structure de ce que Lacan appelle « le discours de l’universitaire ».

Linguistique, sciences humaines et littérature

À l'École Polytechnique, dans le cadre du département d’histoire et sciences sociales (HSS), ce séminaire propose depuis 2013, pour les étudiants en seconde année, une initiation aux grandes régions des sciences linguistiques, mais surtout à leur articulation avec les sciences humaines et les autres langages, dont les arts et en particulier la littérature. Ce séminaire s’enrichit de la grande diversité culturelle et linguistique de ses usagers.

Sur « Le Séminaire de Sainte-Anne » de Jean Oury

Entre 2010 et 2013, j’ai tenu un séminaire dans le cadre du Collège international de Philosophie. Il était consacré au Séminaire de Sainte-Anne qu’a tenu le psychiatre Jean Oury durant trente ans, et qui constitue un moment important de la théorisation de la psychothérapie institutionnelle et, par-delà, de la psychiatrie et de la pensée contemporaines. Trois étapes l’ont constitué : une étude des premières années autour des rapports entre sens, interprétation et clinique institutionnelle des psychoses ; l’étude du concept de Collectif ; et enfin, l’étude du « dossier Oury-Félix », c’est-à-dire l’analyse des rapports théoriques et cliniques entre la pensée d’Oury et celle de Félix Guattari à l’époque de ses écrits rassemblés ultérieurement dans Psychanalyse et Transversalité.

Colloques, symposiums

Méthodes, pratiques et raisons du bilinguisme immersif

Ce colloque international s’est tenu à Perpignan en mars 2016, organisé par le mouvement des Bressolas, au nom de l’Institut supérieur des langues de la République française. Membre du conseil scientifique, j’en ai rédigé le texte-cadre. On trouvera également le texte de deux interventions, personnelle et collective, à la page Pédagogie/langage.

La naissance coopérative d’un chercheur collectif

Ce symposium international s’est tenu à Jiaxing, en Chine, en mai 2016, organisé par les acteurs du mouvement de pédagogie Freinet naissant. Au nom de ce groupe, j’en ai rédigé le texte-cadre.

Formations coopératives: des solutions sociales et politiques?

Dans le cadre des Calandretas, des stages de formation en psychothérapie institutionnelle, et surtout dans le cadre de différents mouvements Freinet nationaux (Chine, Grèce), j'ai été invité par des membres de la pédagogie institutionnelle et de la pédagogie Freinet, à intervenir dans des formations à certains aspects de ces pédagogies coopératives. Leur public: des futurs enseignants, mais également des enseignants souhaitant s'ouvrir à ces pédagogies, et même, plus généralement, des acteurs du champ social et médical.

En particulier, invité par le mouvement Freinet grec et Olivier Francomme, mon collègue et ami de l'Université de Picardie, je participe au mouvement actuel de formation, et plus, de naissance de ce mouvement pédagogique dans un pays tout particulièrement frappé par une crise sociale et économique au sein de laquelle la pédagogie coopérative peut apporter des réponses pertinentes. C'est en tout cas ce qui semble ressortir de nos échanges, avec des acteurs du champ social et éducatif: des collègues à qui l'on donne des outils particuliers, mais qui en retour m'ouvrent à leurs problématiques spécifiques et à leur propre "sacoche de bricoleurs", pour reprendre la belle métaphore de Lévi-Strauss. De quoi questionner, entre autres, les enjeux de la formation "hétérodoxe", où les praticiens dans une relation de parité et de collégialité, sont moins dans une relation "formatrice", toujours plus ou moins hiérarchisée et aliénée à des prestances statutaires (qu'on le veuille ou non), que dans une relation de transmission. Vous trouverez en document ci-joint le compte-rendu d'un premier séjour de travail coopératif avec le mouvement Freinet grec et l'Université du Péloponnèse.

Last, but by no means least…

Pour ceux qui eu la force héroïque de parcourir cette longue page, un tout dernier point concernant l'éthique que je tente de suivre dans ces lieux multiples d'enseignement et de rencontres humaines et intellectuelles. Il me semble impossible de vivre ce bonheur de la transmission, sur un plan d'égalité et de parité, sans y lire, indissociable, une lutte permanente contre le réductionnisme dont fait l'objet le champ universitaire et l'éducation en général, sans parler des critères de (pseudo) scientificité qui en sont le bras armé (ou le cache-sexe, au choix).

De cet engagement, je tente de m'expliquer dans nombre de mes écrits, mais tout particulièrement dans Sens et praxis et Éléments pour une analyse praxique (cf. la page d'accueil), mais plus précisément dans deux textes consultables à la page Pédagogie/langage. Ils sont issus de mon expérience avec les Calandretas et de leur confrontation avec d'autres lieux où j'ai à être le garant de la liberté intellectuelle et de la sécurité sans laquelle le courage n'a pas grand sens à être essayé (dirait notre bon Montaigne). Il s'agit de "Des textes libres à l'Université", intervention de mars 2016 au colloque de Perpignan organisé par l'ISLRF sur Pédagogie et Bilinguisme, et "Norme et Loi symbolique: de deux mondes éducatifs", conférence tenue aux journées de périnatalité de Sérignan en 2015, et à paraître au printemps 2017 dans la revue Nord Sud.

Enfin, les personnes ayant assisté à la soutenance de mon Habilitation à diriger des recherches se souviendront peut-être que la réaffirmation d'une telle éthique, au nom même des valeurs de l'univers(al)ité, fut, de façon tout à fait imprévue, le plus nécessaire et en un sens le plus urgent des énoncés qu'il m'ait été sommé de fournir en ce jour ô combien institutionnel — les réactions... variées qui l'accueillirent constituèrent le signe, ou le symptôme, le plus clair d'une telle nécessité. Et il demeure l'énoncé avec lequel je reste en fin de compte le plus en phase. C'est pour cette raison que je suis heureux de saluer d'autres lieux où se défend cette conception de ce qui fait le sérieux véritable de la mission universitaire, telle cette charte de la "désexcellence" lancée par nos collègues de l'Université libre de Bruxelles.