Aux bords de la clinique Psyché, sémiotique, philosophie

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La clinique ici évoquée est avant tout celle la psychothérapie institutionnelle. La psychothérapie institutionnelle est un carrefour majeur dans l’époque contemporaine : psychiatrique, théorique, philosophique et politique. À partir de ce carrefour, s’étoilent plusieurs voies de recherche.

« Grande sœur » de la pédagogie institutionnelle, la psychothérapie institutionnelle en partage l’éthique et, partant, tous les fondements (par-delà les spécificités de chaque technique évidemment, et bien que là encore la circulation entre lesdites techniques se montre bien plus fertile que leur supposée irréductibilité). La circulation de mon travail entre les deux aires est permanente, non seulement pour des raisons de proximités historiques et pratiques, mais également parce que, via la pédopsychiatrie de Pierre Delion, pédagogie et psychothérapie institutionnelles dessinent un paysage tout à fait singulier de l’enfance, aidant ainsi à repenser en profondeur l’aube de l’existence chez les humains, et la permanente précarité de l’humanisation en nous tous.

Analyse institutionnelle, pathologies psychotiques et autistiques, sémiotique peircienne

(Cf. doc. 22 à 25; et après 2015 : doc. 1)

  • La question de la praxis psychiatrique à proprement parler est développée autour des liens entre les concepts d’ « institution » et d’ « institutionnalisation » et les conséquences thérapeutiques qui découlent de ce travail du milieu hospitalier.
  • L’épistémologie d’une telle approche est essentiellement freudienne et lacanienne, et fonde la « topique de la psychothérapie institutionnelle » (Jean Oury), autant que « l’analyse institutionnelle » au sens où l’entendent les principaux acteurs de la psychothérapie institutionnelle (François Tosquelles, Félix Guattari) : partant, quels sont les rapports entre la « logique négative » de l’inconscient et la logique, matérialiste, de l’institutionnalisation ?
  • Le chantier majeur réside dans la jonction entre logique freudienne, psychothérapie institutionnelle et sémiotique peircienne, à partir de l’œuvre du sémioticien et psychanalyste Michel Balat.
  • En aparté, Le Vent fou, hommage en images à Jean Oury, en images et mots inscrits le jour de son enterrement.

Négativité et intégration, agencement praxis/philosophie

(Cf. doc. 26 à 30)

Par ailleurs, trois autres voies de réflexion sont convoquées – elles seront amenées à prendre ultérieurement une plus grande place :

  • la question de la négativité, nœud entre champ clinique (Julia Kristeva), sémiotique (Kristeva, Georges Molinié) et philosophie (Theodor Adorno) (un document après 2015 : doc.2) ;
  • l’agencement entre clinique et philosophie, en particulier celle de Gilles Deleuze, puis celle de Deleuze et Guattari et, par d’autres voies, celle d’Alain Badiou.
  • la catégorie d’intégration permet d’aborder plusieurs problématiques psychiques (doc.22) ; plus largement, l’intégration est pensée comme schème anthropologique du sens, entrant alors dans une recherche qui se déploie dans les autres parties de ce site (cf. après 2015 : doc.3, ainsi que les documents de synthèse sur la page d’Accueil).

Outre ma coopération avec des compagnons cliniciens, ces questionnements se nourrissent du site psynem.org (www.psynem.org/), dirigé par Bernard Golse et Sylvie Séguret, et dont je suis rédacteur en chef.

Deux manuscrits inédits approfondissent certains points de ce chantier.

Le Langage en-deçà des mots (à paraître en ligne au « Fil rouge », Puf, en 2017) étudie les rapports entre sémiotique peircienne, métapsychologie du bébé et psychothérapie institutionnelle. A partir de L’Enfant autiste, le bébé et la sémiotique de Pierre Delion, cette analyse se veut une proposition en termes d’épistémologie de la sémiotique, afin de lutter contre la tendance positiviste dominante qui réduit le langage à la langue, la sémiotique complexe à un pragmatisme « mou », le sujet au moi, l’être humain à un substrat génético-neuronal et biopolitique, la fonction thérapeutique à un protocole médicalisé. Comment, à rebours d’un tel réductionnisme, refonder une alliance fertile entre une psychiatrie ouverte à la psychanalyse et au champ inconscient, et une conception du langage aussi exigeante envers le concept de signe que l’on peut l’être, cliniquement, vis-à-vis du concept de transfert et de fantasme ?

N.B. Ce manuscrit intègre un chapitre supplémentaire par rapport à la version donnée dans le dossier d’HDR.

Miettes psychiatriques. Postface pour Jean Oury est un essai d’analyse praxique du discours à travers l’œuvre de Jean Oury, tant écrite qu’orale. Cet essai concerne l’ethos de la psychothérapie institutionnelle tel qu’il informe en profondeur le style, de pensée autant que de clinique, du fondateur de la clinique de La Borde. Par ailleurs, il propose l’analyse de ce discours selon des catégories mises en place par ailleurs, tant dans les Arabesques sur le courage que dans les études plus proprement stylistiques et poétiques d’œuvres littéraires.

N.B. Ce manuscrit devrait être prochainement accueilli par les Éditions d’Une (http://editionsdune.fr/), dans un volume rassemblant également les trois années de mon séminaire, tenu dans le cadre du Collège international de Philosophie, consacré au Séminaire de Sainte-Anne de Jean Oury, au concept de Collectif (cf. également après 2015 : doc. 1) et aux relations théoriques et cliniques entre Oury et Guattari (cf. également doc. 24).