Critique, disposition au sens Analyse des discours littéraires et artistiques

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Cette section concerne le champ littéraire, et plus largement artistique, dans lequel sont privilégiées trois pistes d’écriture.

Disposition au sens

La première piste est constituée par une série d’études stylistiques ou d’herméneutique de textes généralement issus de la Renaissance européenne (Boccace, Rabelais) (doc. 33 à 39 ; après 2015 : doc. 1), mais aussi d’autres époques (doc. 40 à 44 ; après 2015 : doc. 2 à 5). J’y présente ce que j’appelle la disposition au sens des textes, autrement dit la construction, non-close et non-suffisante, de ces objets singuliers qui entrent dans ce qu’on appelle la lecture. Ces études sont guidées par le souci méthodologique de faire circuler le texte au travers de différents prismes : rhétorique, stylistique, poétique, anthropologiques.

(N.B. à partir des travaux sur Rabelais, mais surtout sur le Decameron de Boccace, est entamée une recherche autour de la notion d’intégration. Cette notion est déjà présente dans le champ de la clinique et de la psychanalyse (doc. 22), mais elle est interrogée ici dans sa dimension historique, et plus précisément dans ses rapports avec la pensée rhétorique et scolastique de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance. À partir de ces pistes, se met en place une enquête sur l’intégration comme schème anthropologique du sens, notion précisée dans le document de synthèse (Accueil) et dans un projet d’étude rédigé après 2015 : doc. 3, sur la page Aux bords de la clinique.)

Un manuscrit, inédit, est consacré à la disposition au sens d’un épisode, puis de l’ensemble du récit, du Quart Livre de Rabelais, et de ses effets sur les possibles interprétatifs auxquels s’ouvre le texte : La Disposition au sens. Cheminements de l’interprétation à travers le Quart Livre de Rabelais.

Praxis critique

Cette notion de « disposition au sens » n’a rien d’une catégorie technique, qui se prétendrait englobante ; il s’agit plutôt d’une idée directrice. Malgré le souci premier de tenir compte des approches philologiques et historiennes strictes, son but consiste à ne surtout pas refermer le texte sur une seule interprétation. Un tel renfermement mènerait à un blocage, rivant l’œuvre à la disposition du sens. Au contraire, la disposition d’une œuvre au sens est l’ouverture de sa forme, pourtant fixe, à la multiplicité des activations interprétatives, des déchaînements subjectifs et des conséquences langagières que son contact engendre. Cette multiplicité, en tant que telle, relève d’une phénoménologie des différents usages de l’art, ce qui n’est pas le but de mon travail. En revanche, il est possible d’isoler la fonction propre d’une praxis de la critique : cette fonction vise à analyser la liaison méthodique des mouvements interprétatifs qui, informés par la matière textuelle, rouvrent en permanence le dialogue entre cette dernière et les énoncés qu’elle suscite. C’est la seconde piste d’écriture qui parcourt la plupart de ces essais qui, donc, m’engagent dans ma praxis spécifique, celle d’un critique (à la différence de mes rencontres avec les praxis présentées dans les autres parties de ce site, et dans lesquelles, à proprement parler, je ne suis pas sujet) (doc. 36).

Praxis artistique

Surtout, ces matières disposées au sens que sont les textes, mais aussi les autres œuvres, constituent autant d’individualités théoriques et critiques qui ne « contiennent » pas de sens en elles-mêmes, mais qui se font les supports et les corps agissants à partir desquels se déploie notre relation à l’art. Cette relation, s’il s’agit bien d’une praxis, est donc là encore encore affaire de sens. Pour autant, le sens est irréductible à de la signification, tout autant voire plus encore en matière d’art que pour ce qui est des autres praxis étudiées ailleurs dans ce site. Quel est donc le « régime artistique » du sens ? C’est la question qui revient, en propre, à l’étude de ce qu’on doit appeler une praxis artistique — troisième piste, ici seulement entamée (doc. 45 à 50).

Une telle praxis, avec peut-être plus d’évidence encore que la praxis psychiatrique, doit en passer par une étude sémiotique de la logique des signes et de leurs sujets. C’est à cette partie de l’enquête que je travaille actuellement, au fil de rencontres à travers une constellation d’artistes peintres, cinéastes et musiciens. Quelques textes déjà rassemblés ont commencé de mettre en écriture ces échanges qui existent déjà depuis de nombreuses années, dans le partage continué du dialogue et le bonheur toujours singulier de la jouissance artistique. Parmi les traces de ces rencontres, vous pouvez visiter le site de Jacques Caux, www.jacquescaux.com, que j’ai rédigé et réalisé avec Jean-Luc Théron, infographiste.